Technique
Structure d’ombrière : conception, matériaux et choix
Poteaux, portée, matériaux, fondations : la structure décide du coût, du chantier et de l’usage du parking pendant des décennies. Ce qu’il faut savoir pour comparer deux ombrières.

- La structure d’une ombrière comprend les fondations, les appuis (poteaux ou piliers), la structure porteuse qui franchit l’espace entre les appuis et le support des modules photovoltaïques.
- Ce sont le vent et la neige, bien plus que le poids des panneaux, qui la dimensionnent, selon les Eurocodes et leur annexe nationale.
- Le nombre d’appuis pèse sur tout le projet : fondations, réseaux enterrés, durée du chantier et usage du parking.
- La structure Suun Light franchit 30 m entre deux appuis selon l’étude de conception, avec des piliers en V en BFUP, un treillis pré-assemblé et un câble tendu.
De quoi se compose une structure d’ombrière ?
Une ombrière ressemble à un simple abri, mais c’est un ouvrage à part entière. Sa structure se lit de bas en haut, et chaque niveau dépend du précédent.
- Les fondations : massifs béton, pieux ou micropieux. Elles transmettent au sol les efforts verticaux, horizontaux et de renversement (fondations d’ombrière).
- Les appuis : poteaux droits, en Y ou piliers en V. Leur nombre et leur position décident de l’usage quotidien du parking.
- La structure porteuse : poutres, portiques ou treillis qui franchissent l’espace entre les appuis.
- La structure secondaire : pannes et rails qui reçoivent les modules photovoltaïques et leurs fixations.
- Les équipements portés : câblage, onduleurs, éclairage, descentes d’eaux pluviales et bornes de recharge (ombrière et IRVE).
Plus la portée entre deux appuis est grande, plus chaque appui est sollicité. En contrepartie, le nombre de fondations baisse, et avec lui les points de conflit avec les réseaux enterrés et la circulation.
Les principales configurations
Il n’existe pas de catalogue normalisé, mais la plupart des ombrières de parking relèvent de quelques familles.
| Configuration | Principe | Points forts | Points d’attention |
|---|---|---|---|
| Poteau central (en T ou en Y) | Une file de poteaux entre deux rangées de places, toiture en porte-à-faux de part et d’autre | Accès aux places dégagé, une seule ligne d’appuis par double rangée | Efforts importants en pied de poteau, fondations plus lourdes, sensibilité au soulèvement par le vent |
| Deux files de poteaux (portique) | Une poutre ou une toiture posée sur deux lignes de poteaux | Efforts mieux répartis, éléments plus légers | Deux lignes d’appuis à loger entre les places et dans la circulation |
| Mono-pente ou double pente | Toiture inclinée d’un seul côté, ou en V pour réunir les eaux au centre | Orientation des modules, maîtrise de l’écoulement des eaux pluviales | La pente fixe la hauteur côté haut et l’emplacement des descentes d’eau |
| Grande portée | Un treillis ou une poutre de grande longueur entre des appuis très espacés | Peu d’appuis, parking dégagé, fondations moins nombreuses | Ingénierie plus poussée, efforts concentrés sur chaque appui |
Configurations de principe. Le choix d’un projet résulte du plan du parking, des charges du site et de son étude d’implantation.
Acier, aluminium, bois, béton ou BFUP ?
L’acier galvanisé est le matériau le plus répandu : filière mature, assemblages simples, large offre. Il demande une protection anticorrosion suivie dans le temps, surtout en bord de mer, et conduit souvent à des appuis rapprochés.
L’aluminium se retrouve surtout dans les rails de fixation des modules et dans les petits carports. Léger, il convient mal aux grandes portées soumises à de fortes charges.
Le bois lamellé-collé apporte une image chaleureuse et un matériau biosourcé, avec des sections plus importantes et une durabilité à surveiller en extérieur.
Le béton armé sert surtout aux fondations et aux longrines ; il est rarement employé pour l’élévation d’une ombrière.
Le BFUP, béton fibré à ultra-hautes performances, dépasse 130 MPa en compression et se passe de peinture comme de galvanisation. Encadré en France par les normes NF P18-470 et NF P18-710, c’est le matériau des ponts et des passerelles, et celui des piliers SUUN (le BFUP en détail, bilan carbone des structures).
Structure métallique, autoportante ou en BFUP ?
La plupart des ombrières du marché sont des structures métalliques autoportantes : des poteaux et des poutres en acier galvanisé, posés sur leurs propres fondations, sans appui sur un bâtiment voisin. « Autoportante » décrit cette indépendance vis-à-vis d’un bâtiment, pas la portée : une ombrière autoportante classique place souvent un poteau toutes les deux ou trois places.
Une structure en BFUP reste autoportante, mais change l’équilibre : des piliers fins, sans peinture ni galvanisation, et une superstructure qui franchit 30 m entre deux appuis. Le choix se fait sur quatre critères :
- Le nombre d’appuis : il fixe le nombre de fondations, de conflits avec les réseaux et de places gênées.
- L’entretien : l’acier demande une protection anticorrosion suivie, surtout en bord de mer ; le BFUP s’en passe.
- Le coût global : à comparer fondations, chantier et entretien compris, pas seulement au prix de la charpente (prix d’une ombrière).
- La fin de vie : réemploi, démontage ou recyclage de la structure (ombrière démontable).
Comment une structure d’ombrière est dimensionnée
Une ombrière est calculée selon les Eurocodes : bases de calcul (EN 1990), actions (EN 1991, dont la neige en EN 1991-1-3 et le vent en EN 1991-1-4), structures en béton (EN 1992), en acier (EN 1993) et calcul géotechnique (EN 1997), chacun complété par son annexe nationale. Le vent est souvent le cas dimensionnant : il peut soulever l’ombrière, ce qui pilote les ancrages et les fondations. En climat froid ou en altitude, les accumulations de neige prennent le relais (neige et vent).
Au-delà des charges climatiques, quelques paramètres pèsent sur la conception :
- La hauteur libre : environ 2,5 m pour des voitures, davantage pour des utilitaires ou des poids lourds (logistique et poids lourds).
- Les chocs de véhicules : protection ou habillage des appuis dans les zones de manœuvre.
- Les déformations : une flèche maîtrisée protège l’étanchéité, l’écoulement des eaux et les modules.
- La sécurité incendie : réaction au feu des matériaux, accès et stationnement des secours (sécurité incendie).

Pourquoi le nombre d’appuis compte autant
Chaque poteau appelle une fondation, une détection des réseaux enterrés, une zone de chantier et, une fois l’ombrière en service, un obstacle pour les véhicules. Sur une ligne de 60 m, notre schéma de principe compte 9 fondations pour une trame conventionnelle, contre 3 avec deux portées de 30 m (voir le schéma).
Moins d’appuis, c’est moins de génie civil, un chantier plus court et des places plus faciles à utiliser. Un pilier en moins, c’est une place de plus. Le nombre exact d’appuis d’un projet résulte toujours de son étude d’implantation et de son étude géotechnique.
La structure Suun Light
Suun Light répète un module standard de 30 m entre deux appuis : des éléments comprimés en BFUP, une membrure inférieure en câble tendu et des membrures supérieures en acier qui portent les rails photovoltaïques. Les appuis sont des colonnes en V en BFUP, de 220 mm de diamètre dans l’étude de conception de Bischwiller, dimensionnées avec Atelier Masse selon les Eurocodes.
La superstructure ARKLOCK est pré-assemblée en usine, transportée repliée, puis dépliée et verrouillée sur site. Les fondations restent ponctuelles : longrine en béton armé sur pieux, ou platine sur dalle existante lorsque le poids propre équilibre le soulèvement. Quatre options adaptent la structure au site : Nordic pour les fortes charges de neige, habillage des poteaux, étanchéité 100 % et bord de mer.
Les quatre premiers projets sont conçus, avec des déploiements prévus en 2027 ; le prototype ARKLOCK est en préparation (fiche technique Suun Light, dessins de principe pour prescripteurs).
Comparer deux structures : la check-list
- Hypothèses de charges : zones de neige et de vent, catégorie de terrain, annexe nationale retenue (neige et vent).
- Trame d’appuis : nombre de poteaux, position par rapport aux places, aux îlots et aux réseaux.
- Fondations : type, dimensions et hypothèses géotechniques (fondations).
- Hauteur libre et gabarits : véhicules, secours, livraisons.
- Matériau et protection : galvanisation, peinture ou matériau sans revêtement, environnement salin (durée de vie et maintenance).
- Fin de vie : démontage, réemploi ou recyclage de la structure (bilan carbone).
Pour aller plus loin : l’ombrière démontable et redéployable et le glossaire (portée, appui, treillis, hauteur libre).
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’une ombrière autoportante ?
Une ombrière autoportante repose sur ses propres poteaux et fondations, sans s’appuyer sur un bâtiment. C’est le cas de la plupart des ombrières de parking, en acier comme en BFUP. Le terme ne dit rien de la portée : une ombrière autoportante peut avoir un poteau toutes les deux places ou, comme Suun Light, 30 m entre deux appuis.
Quelle hauteur pour une structure d’ombrière ?
Pour des voitures, la hauteur libre se situe généralement autour de 2,5 m sous la structure. Elle augmente pour les utilitaires, les camping-cars ou les poids lourds et doit tenir compte de l’accès des secours. Elle se fixe projet par projet.
Quel espacement entre deux poteaux d’ombrière ?
Les ombrières conventionnelles placent généralement une ligne de poteaux toutes les quelques places. La structure Suun Light franchit 30 m entre deux appuis selon l’étude de conception ; l’implantation exacte résulte de l’étude de chaque site.
Faut-il une étude de sol pour une structure d’ombrière ?
Oui. L’étude géotechnique fixe le type et la taille des fondations, donc le coût et le planning. Mieux vaut la lancer dès la conception.
Une structure d’ombrière peut-elle être démontée ?
Toute structure se démonte, mais seules celles conçues pour l’être peuvent être réinstallées ailleurs sans être détruites. La superstructure Suun Light est conçue pour être repliée et redéployée, sous réserve d’étude du nouveau site.
Contenu d’information générale, à jour à la date indiquée. Le dimensionnement et la conformité réglementaire de chaque projet doivent être validés par les équipes compétentes.


